Manus et Machina

 

Qu’ont en commun l’exposition grandiose de cet été au Metropolitan Museum of Arts consacrée à la mode et les nouvelles méthodes d’apprentissage que nous avons initiées grâce au makerspace ? Lisez la suite.

Si vous étiez à New York l’été dernier, peut-être avez-vous eu la chance de voir la merveilleuse exposition “Manus x Machine: la mode à l’ère de la technologie” au Metropolitan Museum of Art.

© Sean Lynch

© Sean Lynch

Cette présentation était particulièrement captivante car elle a permis à un grand nombre de visiteurs de découvrir pour la première fois des modèles de Haute couture aussi rares que magnifiques, comme par exemple la robe “Sardine” dessinée par Yves Saint Laurent en 1983. Mais cette exposition était exceptionnelle aussi car elle a fait passer un message d’importance pour notre époque: plutôt que de considérer l’art fait à la main comme naturellement supérieur à la création assistée par une machine, les spectateurs venus au musée étaient incités à voir que  “l’acte créatif” est le même dans les deux cas, pour paraphraser YSL lui-même.

© Elisabeth King

© Elisabeth King

Ou pour citer le conservateur de Manus x Machina, “plutôt que d’opposer le fait main et le fait machine, nous nous sommes efforcés d’expliquer un éventail ou bien une continuité dans la pratique qui démontre que le manuel et la machine contribuent à égalité dans la résolution des problèmes de conception, dans l’amélioration des techniques de design et, finalement, dans la construction de l’avenir de la mode.”

Créer un dialogue pour intégrer la science, la technologie, l’ingénierie et les mathématiques avec l’art, et tout ce que ce dernier implique, est au cœur de notre vision stratégique pour les années à venir. La mise en oeuvre de ce projet d’établissement est rendu possible grâce à la conjugaison de plusieurs facteurs: un nouvel espace, un nouvel apport en personnel et de nouvelles expériences d’apprentissage pour nos élèves. MakerspaceEn ce qui concerne la première dimension, vous avez probablement déjà entendu parler du makerspace dernier cri que nous venons d’ouvrir, équipé de marteaux, de scies, de machines à coudre et d’imprimantes 3-D, sans oublier un appareil de découpe au laser, parmi une multitude d’autres outils. Cependant, si vous n’avez pas encore eu l’occasion de le voir, nous vous invitons à venir le découvrir lors de la York Wing Community Day qui aura lieu le samedi 12 novembre. Comme vous le constaterez alors par vous-mêmes, ce nouvel espace est un lieu exceptionnel pour le bricolage, la conception, la fabrication de prototypes et la construction de presque tout ce dont un élève pourrait rêver.

Pour nous aider à tirer le meilleur parti possible des opportunités pédagogiques sans précédent que le makerspace nous offre, nous sommes très heureux de pouvoir faire appel au talent incontesté d’un nouveau membre de notre équipe éducative au Lycée Français de New York: Adam Romary. adam romaryAvec 15 ans d’expérience dans l’enseignement des sciences, de l’ingénierie et du design dans plusieurs écoles indépendantes et publiques de renom aux États-Unis, M. Romary est voué au développement d’une culture du making au LFNY. Il explique que “l’objectif ultime pour un makerspace est d’ouvrir l’horizon à des apprentissages entièrement dirigés par les élèves”, tout en reconnaissant que chacun aura un point de départ personnel différent et des besoins spécifiques au fur et à mesure qu’il avance sur son chemin. Lors d’une récente conversation, il m’a raconté l’histoire de la fabrication d’un go-kart avec son père quand il était encore à l’école primaire et comment au cours de ce projet il est passé d’un désintérêt pour le génie mécanique à la découverte de ce qui est devenue sa passion inaltérable pour le making.

Pour Mr. Romary, chaque élève a en lui un potentiel créatif qui n’attend qu’à être exploité. Le makerspace démultiplie donc les chances qu’a chaque individu de trouver et de cultiver le mode d’expression qui lui est propre. robotiqueDe son point de vue, “nous sommes tous intrinsèquement des créateurs, heureux surtout lorsque nous inventons et tentons d’améliorer le monde qui nous entoure.” Je lui ai demandé si les outils auxquels les élèves ont accès doivent forcément être à la pointe de la technologie. “Oui et non” m’a t-il répondu après quelques instants de réflexion. Non, parce qu’ils peuvent et doivent savoir comment aiguiser leur créativité sans avoir un laser sous la main. Mais en même temps oui, parce que le niveau de sophistication offert par les technologies d’aujourd’hui permet de libérer nos élèves de nombreuses contraintes et leur permet ainsi de se concentrer sur les aspects purement créatifs du processus de fabrication. Tous ne deviendront pas ingénieurs aéronautiques, architectes ou designers; pourtant tous pourront cultiver la créativité et les compétences d’innovation qui découlent d’un enseignement basé sur l’invention.

Ce qui me conduit aux nouveaux programmes que nous sommes en train de mettre en place,  qu’ils s’agissent de projets interdisciplinaires basés sur le curriculum appelés “parcours” ou d’activités co-curriculaires axées sur la robotique. Cette semaine, notre makerspace a été occupé à plusieurs reprises par nos élèves de Seconde, en compagnie de l’artiste en résidence Béatrice Coron. Reconnue pour l’esthétique exquise de ses papiers découpés, qui, exposés en frise à  l’intérieur des wagons du métro de New York il y a cinq ans, ont plus d’une fois distrait les usagers, “leur faisant rater le bon arrêt,” Béatrice Coron a commencé son séjour chez nous en initiant nos classes de tenth grade à l’histoire fascinante de l’art du papier découpé à travers le monde. Elle les a ensuite entraînés  sur le chemin de la découverte personnelle de la création sur le thème du voyage. En utilisant du papier, des crayons, des couteaux de poche et de la colle, assistés par un logiciel informatique et notre appareil de découpe laser, et guidés à tout moment par une artiste extraordinairement inspirée,9x7a8857-1 nos élèves de Seconde ont pu se jeter tête baissée dans l’émulation désordonnée qui accompagne tout processus inventif,  traduisant leur créativité sous forme d’images magnifiques. Tous ceux qui ont assisté à la présentation finale de leurs travaux vendredi après-midi ont été fascinés. Amis du Metropolitan Museum of Art, préparez-vous. Une nouvelle génération de créateurs arrive!

What does the Met’s summer blockbuster fashion exhibit have to do with the maker movement and our makerspace? A lot, as it turns out. Find out more.

If you were in New York City this past summer, you may have had the privilege of seeing a memorable exhibit at the Metropolitan Museum of Art entitled Manus x Machine: Fashion in the Age of Technology.

© Sean Lynch

© Sean Lynch

This show was unusually captivating because it gave the assembled thousands who visited it a wonderful opportunity to view some extremely rare and beautiful examples of “haute couture,” like for instance the “Sardine” dress which Yves Saint Laurent designed in 1983. Yet it was unique above all because it conveyed an especially compelling message for our times: rather than consider handmade art to be naturally superior to machine-assisted craftsmanship, museum-goers were invited to recognize that “the art of creation” is the same in each, to paraphrase YSL himself.

© Elisabeth King

© Elisabeth King

Or to quote from the curator of Manus x Machina, “instead of presenting the handmade and the machine-made as oppositional, this exhibition suggests a spectrum or continuum of practice, whereby the hand and the machine are equal and mutual protagonists in solving design problems, enhancing design practices, and, ultimately, advancing the future of fashion.”

Creating a dialogue and ultimately an integration of science, technology, engineering and mathematics with art, and everything related, lies at the heart of our strategic vision for the coming years, supported by a dynamic combination of new space, new staffing and new learning experiences for our students. MakerspaceRegarding the first of these innovative dimensions, you will have already heard about the state-of-the art makerspace we have just opened, equipped with everything from hammers and saws to sewing machines and drills, not to mention 3-D printers and a laser cutter. However, if you have not yet had a chance to explore it in person, we enthusiastically invite you to do so on our York Wing Community Day, taking place on Saturday, November 12. As you will see for yourselves, this new area of our school is an exceptional place for tinkering, designing, prototyping and making just about anything a student might dream up.

To help us to take the fullest possible advantage of the unparalleled learning opportunities which the makerspace offers, we are immensely fortunate to be able to call on the vast talents of a new member of the Lycée Français de New York faculty: Adam Romary. adam romaryWith 15 years of experience in teaching science, engineering and design at leading independent and public schools in the United States, Mr. Romary is deeply passionate about advancing the culture of making at the LFNY. He explains that “the pinnacle goal for a makerspace is student-directed learning,” while recognizing that each student will have a distinctive starting point and need personalized support along the way. In a recent conversation, he told me the story of building a go-kart with his father when he was still in upper elementary school and over the course of that project going from having relatively little interest in mechanical engineering to cultivating what has become a lifelong love of making.

For Mr. Romary, every student has a creative potential which is simply waiting to be tapped and what the makerspace does is to multiply the chances that each person will be able to find and refine his or her preferred means of creative expression. In his view, “we’re all intrinsically makers, happiest when we are creating and trying to change the world around us for the better.” robotiqueDo the tools which students have at their disposal, I asked him, have to be at the cutting-edge of technology? No and yes, came his thoughtful reply. No because they can and should sharpen their creativity without access to lasers, but yes because the sophistication of today’s technologies will in many ways free our students to focus even more than ever on the most inventive aspects of the making process. Not everyone will become an aeronautical engineer, an architect or a product designer, but all will cultivate the particularly creative mindset and competencies that learning by inventing fosters.

Which leads me to the programming we are now putting in place, ranging from multiple curriculum-based inter-disciplinary projects called “parcours” to various age-appropriate co-curricular robotics-focused activities. This week, our makerspace was repeatedly given over to our tenth grade students and their artist-in-residence, Beatrice Coron. Acclaimed for the exquisite esthetic of her paper cuts, which when they adorned the New York City subway five years ago kept “riders from getting off at the right stop,” Ms. Coron began by immersing our Seconde classes in the fascinating history of paper-cutting around the globe and then engaged them in a thrilling exploration of the theme of journeys through paper cuts of their own. Using paper, pencils, hand-held cutters and glue, assisted by computer software and a state-of-the-art laser cutter, 9x7a8857-1and guided at all times by an extraordinarily inspirational artist, our tenth grade students were able to throw themselves into the messy purposefulness of the making process, translating their creativity into images and tales of voyages, both imagined and real, which captivated everyone who attended the final exhibition of their works this past Friday afternoon. Metropolitan Museum of Art, please stay tuned. A new generation of makers is on its way!

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Sean Lynch

Proviseur / Head of School

seanlynch
Holding both French and American nationalities, educated in France (Sciences Po Paris) and the United States (Yale), and as the proud husband of a French-American spouse and father of two French-American daughters, Sean Lynch has spent his entire professional and personal life at the junction between the languages, cultures and educational systems of France and the United States. He has been Head of School at the Lycée Français de New York since July 2011, after having spent 15 years at another French bilingual school outside of Paris: the Lycée International de St. Germain-en-Laye. In addition to being passionate about education, he loves everything related to the mountains, particularly the Parc National du Mercantour.

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