Once Upon a Time…

 

Avec l’introduction de l’apprentissage par projet et l’ouverture du média lab au Lycée Français de New York, nos élèves auront non seulement de nombreuses histoires à raconter mais aussi une myriade d’outils à leur disposition pour le faire. Pourquoi le storytelling est-il si important pour les élèves du XXIème siècle?

Après une semaine de congés comme celle que nos élèves viennent de vivre, il m’arrive souvent d’avoir l’échange suivant. «Comment se sont passées tes vacances?» je demande toujours à ceux que je rencontre. «Génial» est heureusement la réponse que j’entends la plupart du temps, ce qui m’amène à poser une deuxième question: «Est-ce que tu veux bien m’en dire un peu plus? Par exemple, me raconter une histoire sur un événement intéressant qui te soit arrivé loin de ton école bienaimée?» Quand notre élève n’est pas dans l’urgence,  il ou elle décrit alors avec enthousiasme la visite d’un proche, une découverte inattendue à New York,  ou encore un après-midi passé à réinventer le monde avec des amis.

«Eh bien, je me rappelle de la fois où…» Quels mots enchanteurs, énonçant que l’un de nos jeunes conteurs évoquera peut-être un paragraphe ou parfois même une page de sa vie avec une perspicacité, une élégance et un sens de l’humour hors du commun et qu’il livrera ainsi un récit captivant et mémorable pour nous qui l’écoutons. Encourager nos élèves à construire des histoires, que ce soit de façon spontanée dans le hall de l’établissement ou par une approche structurée dans une salle de classe, me paraît important à plus d’un titre.

La capacité à bâtir un récit est probablement ce qui départage le plus fondamentalement l’humanité des autres espèces vivants. Pourtant, comme l’affirment de nombreux observateurs de notre 21ème siècle naissant, tel que Dan Pink, dont le livre A Whole New Mind: Why Right-Brainers Will Rule the World est devenu un classique international dès sa publication en 2005, jamais les compétences liées à la narration n’ont été si absolument essentielles à maîtriser qu’aujourd’hui. Tout d’abord, maintiendrait Pink, dans cet ère caractérisé par un de degré de complexité et de changement sans précédent, l’aptitude à raconter ce qui nous arrive dans la vie et par le même biais de comprendre le monde qui nous entoure est indispensable pour donner un sens à notre existence.

6th-graders record an interview in the school's new media lab. Credit: J. Rogers

Des élèves de Sixième font un reportage dans notre nouveau media lab. Credit: J. Rogers

Apprendre à manier les outils du conteur est également la meilleure façon d’aiguiser notre créativité, de même qu’aborder de l’intérieur le matériau de la narration alimente l’esprit critique qui est tellement nécessaire dans la société saturée par les médias dans laquelle nous vivons. Savoir élaborer un récit authentique, incisif, et convaincant devient aussi une compétence qu’apprécient énormément les universités; il est évident que dans la décennie à venir, et peut être même beaucoup plus tôt, les établissements de l’enseignement supérieur les plus réputés demanderont aux candidats de présenter des portfolios numériques racontant leurs accomplissements académiques et périscolaires. Puis il y a la donnée socio-économique. Dans la mesure où la tertiarisation et la l’informatisation sont devenues les forces motrices de l’économie mondiale, faire preuve d’une capacité à développer une narration réussie et durable sera une condition sine qua non pour avancer dans le domaine professionnel.

Comment nos élèves peuvent-ils apprendre à devenir des conteurs chevronnés, dans leur propre intérêt et au bénéfice d’autrui, est donc une question qui mérite d’être posée, ce que nous faisons depuis un certain temps au LFNY.* Et quand nous évoquons ce sujet, nous parlons non seulement de leur capacité à utiliser la plume, le papier et le podium comme l’être humain l’a fait  depuis des siècles, mais aussi de leur aptitude à exploiter les technologies numériques qui façonnent notre époque. Pour que nos élèves puissent construire leurs récits comme ils le souhaitent et comme ils auront besoin de le faire, il leur faut maîtriser ces instruments extraordinaires qui révolutionnent l’art du conte et ouvrent des horizons d’expression auparavant inimaginables.

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Prenons l’exemple de la réalité virtuelle qui a occupé une place prépondérante lors du palpitant Future of Storytelling Festival qui a eu lieu à New York pendant la première semaine des vacances d’octobre et auquel quelques jeunes représentants du Lycée Français ont pu assister, testant ainsi une technologie qui leur a permis de voler comme un oiseau au dessus d’un paysage de leur choix, de travailler en tant qu’ingénieur en chef sur le pont du Starship Enterprise, mais aussi d’être le témoin d’un incident de discrimination raciale ou encore de participer à un mouvement d’indépendance nationale en 1916. Est-ce que c’est ce genre d’histoire que nous allons apprendre à développer au nouveau media lab, m’a demandé l’un de nos participants élèves. Oui, j’ai répondu. Quelle aventure, n’est-ce pas!

*Venez vous joindre à nous pour la journée dédiée au York Wing le samedi 12 novembre et construisez votre propre récit dans notre cabine radiophonique LFNY Voices.

With the introduction of project-based learning and a new media lab at the Lycée Français de New York, students will have many stories to tell and myriad ways to do so. Why is storytelling so important for 21st-century learners? Read on.

 

After a break like the one our students have just enjoyed, something like the following exchange will often take place. “How was vacation?” I will ask. “Great,” will hopefully come the answer, on which I will build with a lighthearted plea for detail: “How about a story? Just one story, [name], about something interesting that happened while you were away from our beloved school!” And more often than not, when our student has a moment, he or she will plunge enthusiastically into the tale of a visiting relative or an unexpected discovery about New York or a imaginative afternoon spent reinventing the world with friends.

“Well, there was this time when…,” our student might begin. What enchanting words to hear, as one of our young story-tellers recounts a paragraph or even a page from his or her life, with an articulateness, an attention to detail, a wit and many other qualities that captivate and regale. To engage LFNY students in the construction of narrative, whether in this spontaneous way or through a deliberate approach in our classrooms, strikes me as important for several reasons.

Storytelling may well be that trait which most distinguishes humankind from other species. Yet as many observers of our nascent 21st century would argue, perhaps the most highly regarded among whom is Dan Pink, whose book A Whole New Mind: Why Right-Brainers Will Rule the World became an international classic the moment it was published in 2005, there has never before been an era quite like ours, in which the skills of narration are so absolutely critical for us to master. For starters, Pink would affirm, the ability to make sense of our lives and the world around us in an age of unprecedented change and complexity is necessary to our feeling of purpose and harmony with life.

6th-graders record an interview in the school's new media lab. Credit: J. Rogers

6th graders record an interview in the school’s new media lab. Credit: J. Rogers

Furthermore, learning the craft of storytelling hones our creativity in ways that nothing else can, in the same way that understanding the stuff of narration from the inside provides us with critical thinking skills that have never been as crucial as they are in the media-saturated age of today. Authentic, incisive, compelling storytelling is also becoming a competency that colleges and universities prize; few would dispute the likelihood that a decade from now, if not much sooner, renowned institutions of higher education will be asking applicants to present digital portfolios telling the story of their academic and co-curricular achievements. There is the socioeconomic too. Given the tertiarisation and computerization which have been the driving forces of the global economy for several decades, demonstrating an aptitude for sophisticated narration is a prerequisite for success in the workplace of tomorrow.

How can our students learn to be brilliant storytellers, for their own benefit and the sake of us all, is thus a question worth posing, as we have long done at the LFNY.* By effective storytelling, we also mean being adept at employing not just pen, paper and podium as humankind has done for centuries, but harnessing the digital technologies of our epoch to advance the narratives our students wish and will one day need to weave, digital technologies that are revolutionizing the craft of storytelling and providing possibilities for expression that were previously inconceivable.
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Consider virtual reality, otherwise known as VR, which figured prominently at the mesmerizing Future of Storytelling Festival organized in New York City during the first week of the October vacation and which some of the youngest among us attended, experiencing what it is like to fly like a bird over a landscape of their choosing or to be the chief engineer on the bridge of the Starship Enterprise, but also to bear witness to an incident of racist discrimination or to participate in a movement for national self-determination 100 years ago. Are these the kinds of stories we will learn to create in the new media lab, one of our student participants asked. Yes, came my answer. And what an adventure it will be!

*Please do come to our York Wing Community Day on November 12 for an opportunity to tell your own story at the LFNY Voices Booth!

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Sean Lynch

Proviseur / Head of School

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Holding both French and American nationalities, educated in France (Sciences Po Paris) and the United States (Yale), and as the proud husband of a French-American spouse and father of two French-American daughters, Sean Lynch has spent his entire professional and personal life at the junction between the languages, cultures and educational systems of France and the United States. He has been Head of School at the Lycée Français de New York since July 2011, after having spent 15 years at another French bilingual school outside of Paris: the Lycée International de St. Germain-en-Laye. In addition to being passionate about education, he loves everything related to the mountains, particularly the Parc National du Mercantour.

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