Take It Slow

 

Ce mardi, le Lycée Français de New York a décidé de prendre son temps! Adieu, le temps d’une journée, Ipads, laptops et autres smartphones. Une occasion rêvée pour se recentrer sur soi-même, prendre le temps de réfléchir. Et pour se faire, rien de mieux que la pratique du Mindfulness (ou “pleine conscience) comme nous l’explique Jamie Laurens, qui est à l’origine de cette pratique qui a fait des émules au Lycée…

Bonjour Jamie – vous êtes professeur d’anglais, mais aussi à l’origine de la mise en place et du développement de la pratique du Mindfulness (ou “pleine conscience”) au lycée depuis trois ans déjà. Des élèves ont même été formés l’an dernier pour animer des sessions auprès de leurs pairs durant la journée de classe. J’aimerais vous poser 5 questions très naïves pour mieux comprendre de quoi il retourne.

En quoi la pratique du Mindfulness est-elle différente de la méditation? Que souhaitons-nous que nos élèves acquièrent à travers cette pratique?

La pratique du mindfulness est différente de la méditation dans ses intentions. Le but du mindfulness est de mettre l’esprit au repos pendant quelques minutes et de réduire ainsi le niveau de stress de ceux qui y sont exposés.  Cette pratique aide les élèves à mieux ressentir leurs émotions, à mieux les réguler et par là même, à développer leur empathie. Elle repose sur la réduction de nos réponses automatiques immédiates aux stimuli extérieurs ou aux pensées qui traversent notre esprit, type “action-réaction”, en nous invitant à diriger et maintenir notre attention sur l’instant présent pendant quelques minutes. Si la pratique du Mindfulness consiste souvent à se concentrer sur l’écoute, la respiration ou la formulation d’une phrase positive, cette “pleine conscience” du moment présent peut s’opérer à tout moment, même quand on fait du sport ou la cuisine ! Mais éviter que l’esprit ne vagabonde reste difficile, et c’est pourquoi il est plus aisé d’avoir quelqu’un qui nous guide dans cette activité.

L’école est un lieu où l’on est supposé réfléchir: en quoi la pratique du Mindfulness qui implique de “mettre les pensées en sourdine” aide-t-il les élèves à mieux apprendre ?

Il est impossible de s’empêcher de penser : 70 000 idées traversent quotidiennement notre esprit. En outre, l’attention est constamment sollicitée, que ce soit dans ou en dehors de l’école: nous prenons par exemple cent fois plus de micro-décisions par jour qu’avant l’avènement des smartphones ! Les nouvelles technologies nous incitent à agir de manière impulsive, et nous plongent dans des interactions constantes. Mais l’attention est comme un muscle qui, grâce à l’entraînement, peut devenir plus fort ! L’adolescence étant un moment de développement cérébral, il est crucial d’aider les jeunes à acquérir les capacités de prendre des décisions saines et posées. Au fur et à mesure de la croissance, le cerveau est comme un arbre qui s’élague, et les compétences développées et répétées créent des voies neuronales plus fortes à l’âge adulte, car plus empruntées.

De très nombreuses études sur le sujet montrent combien la pratique du Mindfulness augmente l’acuité intellectuelle, et réduit les conflits en classe tout comme les émotions négatives liées au stress. C’est pourquoi le Mindfulness constitue un complément tout naturel de l’apprentissage socio-émotionnel : il permet aux élèves de s’engager en pleine conscience dans ce qui touche à leur bien être, à mieux s’écouter, à mieux écouter les autres, et à prendre des décisions réfléchie face aux problèmes qui se présentent.  

Si l’on est inquiet ou stressé, la pratique du Mindfulness n’est-elle pas qu’un moyen de repousser les soucis qui reviendront quoi qu’il arrive ?

C’est une bonne question ! On ne pratique pas le Mindfulness comme on construit un barrage pour stopper une rivière ; il s’agit plus de développer la capacité de changer de fréquence radio, pour choisir une onde plus calme, qui permette de nous recentrer. L’homme est fait pour être actif mentalement, et il serait évidemment contre-productif de contrer le flot de nos pensées. Le Mindfulness serait plutôt comme si l’on explorait ce qui se passe en nous à l’aide d’une lampe torche : une phase d’observation, sans jugement, avec un ancrage de l’attention pour éviter les constantes distractions. Si lors d’une session, une pensée urgente vous assaille, prenez un cahier et notez-la pour la reprendre après : le Mindfulness n’est pas productif si l’on a l’impression que l’on tient l’esprit prisonnier en cage ! L’important est de s’accorder un moment d’attention calme et soutenue sur ce qui se passe à un moment donné, en essayant de ne pas laisser l’esprit vagabonder ni les émotions nous submerger. Plus on arrive à faire cela et plus on devient capable de gérer l’imprévu et de naviguer sereinement sur l’océan de pensées qui nous entoure !

Les élèves peuvent-ils pratiquer le Mindfulness par eux-mêmes en dehors de l’école ?

Absolument ! Il peut être utile de pratiquer le Mindfulness avant de faire ses devoirs, ou entre deux exercices donnés. Certains élèves ont initié leur famille, et ont même mené des activités auprès de leurs pairs à l’école. Cependant, le Mindfulness n’est pas un pansement sur le stress: il agit si la pratique est régulière et installée dans le temps.

Est-ce que tous les professeurs du Lycée sont capables d’animer une activité de Mindfulness?

Il est recommandé qu’ils aient eux-mêmes au préalable été initiés à cette pratique, afin d’aider au mieux les élèves à mettre en oeuvre ces compétences. En outre, il faut faire attention à ce que cela ne devienne pas un instrument au service des performances scolaires uniquement. Pour se former, les enseignants peuvent participer aux ateliers qui sont proposés au lycée, ou bien s’inscrire à des stages proposés par la NYSAIS, le Garrison Institute, la Mindful Schools ou Bank Street. Le CDI offre également de nombreuses ressources sur le sujet, ainsi que le site Mindful Schools. Il est important de rappeler que le Mindfulness ne se transmet pas de manière descendante, c’est plutôt une collaboration.

This Tuesday, the Lycée Français de New York will slow it down. We’re saying farewell, over one beautiful day, to our iPads, laptops, smartphones and other accoutrements of modern life. It’s a day to dream, to center ourselves and take the time to reflect. And to do all that, there’s nothing better than mindfulness practice, as Jamie Laurens, English teacher and advisory coordinator, knows well. She is researching efforts to integrate this practice into Lycée life.

Jamie, your primary role is as an English Teacher, but you also have been developing and implementing mindfulness at the Lycée for three years now, offering students brief sessions with their peers during the school day. I would like to ask you five simple questions, for those who still might not be familiar with this practice.

Q: Is mindfulness different from meditation? What do we hope for students to gain from this activity?

Mindfulness is different from meditation in its intention. It is an attention practice, and is therefore an end in itself. The goal is to give the mind a few minutes of rest, reduce the impact of toxic levels of stress on students, teachers, and parents, and, as a result, to aid students in emotional regulation, centering, and the development of empathy.  We do this by reducing the stimuli- our neurological input and output- for a few minutes per day. Many of us engage in activities mindfully, whether it be running, cooking, or listening. But practicing it intentionally in fact increases the strength of our executive function capacity, and improves the relationship with our internal regulatory systems. We can do this by focusing our attention intentionally for a few minutes. Mindfulness has its roots in contemplative practice, but as it has been clinically proven to be neurologically beneficial in psychological and sociological applications, is completely secular. It encourages intra-personal awareness and acceptance, and heightens our mental acuity. Many mindfulness practices center around focusing the mind on listening, breathing or an intentional positive thought. It is simple, and yet challenging at the same time, which is why it helps to have a little guidance.

Q: School is a place to think: how does mindfulness, which asks to “let thoughts go”, help students to better learn?

It is impossible to stop the flow of thoughts: according to some researchers, we experience about 70,000 thoughts per day. Additionally, in our lives outside of school, our attention is constantly solicited. We make hundreds more micro-decisions per day than we did before the advent of smartphones and applications. Often, in digital communications, we are acting impulsively, and are almost always engaged in a transaction. Attention is like a muscle. It can be trained .It can grow weaker or stronger with practice. As adolescence is a time of tremendous neurological growth, it is an essential time to equip students with the tools they need to make healthy decisions with how they are training their focus. As we go through a process called pruning, skills we use cause us to develop neurological pathways that last for years into adulthood.

Studies with increasingly large sample sizes show an increase in mental acuity, a decrease in conflict in the classroom, and a decrease in negative emotional patterns associated with anxiety. Therefore, mindfulness practice is a logical complement to any social and emotional learning program. The essential work of learning to regulate our well-being within better enables us to care for and engage with the world around us in a spirit of constructive problem-solving.

Q: If you are worried or stressed out, isn’t a mindfulness three-minute practice just a way to postpone the worries and the stress which will come back no matter what?

Good question! Mindfulness is not about putting a dam in a river; it is more like choosing to tune the radio to a channel that is calm and centering. We are built to be mentally active, and so trying to stop the flow of thoughts can be counterproductive. We could imagine that we are going to explore a landscape with a flashlight. All we are doing is observing, and bringing the attention back to a focal point, in a nonjudgmental way. As far as a sense of urgency and being pulled away from productivity is concerned, I highly recommend practicing with a notebook nearby — this is what I do– in case something urgent comes up. Mindfulness is never productive if it feels like a cage or a trap, but in order for it to work, it does need to be a time for undisturbed and uninterrupted observation, and this requires some stillness. It can be helpful to remember that there is no way to do it wrong. We are simply observing what is happening within, in the moment. We work with what arises, non-judgmentally.  If what is happening is a feeling of urgency, then we need to allow ourselves to take care of that. And as we get better at doing this within our minds, we get better at managing the unexpected waves outside and around us as well, navigating them with calm and skill.

Q: Can students practice mindfulness on their own when not at school?

Absolutely. It can be helpful for students to attune the learning instrument prior to tackling homework, or as a break between tasks. Some students have taught their families, while others have gone on to teach to other students at the Lycee or at their universities. However, mindfulness is a structure, not a band-aid. We need to have practiced it for a few weeks for it to have a constructive effect counteracting stress.

Q: Can any teacher at school lead a mindfulness activity?

Any teacher can learn mindfulness, but it requires familiarity and  practice. It is recommended that we have some experience with mindfulness so that we can most helpfully aid students in navigating what arises. Additionally, it is extremely important that it not become a disciplinary tool. There are many resources for training and development. Teachers can request a drop-in visit from a member the faculty cohort, or one of our student ambassadors. There are workshops offered by NYSAIS, the Garrison Institute, Mindful Schools, or Bank Street. There are many resources available at the CDI, and on the Mindful Schools website. One important thing to remember is that  mindfulness is offered in a non-hierarchical way:  it is a person-to-person transmission. We are happy to answer any questions.  

As a continuation of our Morning Mindfulness offering last year, we are offering an Open Mindfulness Lab starting Wednesday, October 18th, and every Wednesday thereafter from 4:00-4:30 pm in S207B, with rotating facilitators. All are welcome, regardless of experience. Several faculty members and senior students have gathered to form a cohort, who will meet regularly to discuss practices, questions, and implementation. I am grateful to continue to support the ways in which mindfulness can be used as a to support learning and social and emotional well-being.

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Nathalie Anton

Director of Academic Enrichment

nanton
Professeure agrégée de Lettres Modernes et titulaire d'un Master professionnel de Psychologie clinique, Nathalie Anton a été membre pendant trois ans d'une équipe en charge de prévenir la violence en milieu scolaire dans l'académie de Paris. Elle est aussi l'auteur de l'ouvrage L'Art d'enseigner, paru aux éditions Ixelles en août 2012. Quand elle n'est pas en classe, Nathalie aime courir à Central Park et sillonner la ville à vélo l'été et se réchauffer dans les salles de spectacles l'hiver.

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