The Leaning Tower of… PISA?

 

Tous les trois ans depuis sa création en 2000, le Programme pour l’Évaluation Internationale des Élèves, couramment connu sous le nom de PISA (the acronym for Program for International Student Assessment), alimente nos conversations sur l’éducation. Avec la publication mardi dernier des résultats de l’enquête 2015, plusieurs parents m’ont alors posé des questions au sujet de ces célèbres examens. L’une particulièrement mordante et lapidaire demandait si la “tour” de PISA n’aurait pas récemment commencé à “pencher”. Autrement dit, au moment de son lancement, cette évaluation semblait être une excellente idée, mais reste-t-elle pertinente encore aujourd’hui, fut le sens de son interrogation? Veuillez trouver ci-dessous de brèves réponses à cinq questions qui m’ont été fréquemment posées.

Qui a inventé PISA et pourquoi?

pisaPISA est l’invention de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), une entité intergouvernementale très respectée qui fut fondée après la Seconde Guerre mondiale afin “de promouvoir des politiques visant à améliorer le bien-être économique et social des peuples du monde entier”. Compte tenu de l’importance primordiale de l’éducation pour le développement humain en général, l’OCDE a créé PISA il y a 15 ans pour faire la lumière sur ce que les pays participants font de bien dans leurs propres systèmes éducatifs et aussi sur ce qu’ils pourraient apprendre des approches des autres. D’éminents spécialistes de l’éducation venus d’un peu partout dans le monde mettent ainsi en commun leurs compétences et co-conçoivent l’évaluation en question, sous la direction éclairée d’Andreas Schleicher, chercheur à l’OCDE. Elle consiste à demander à un échantillon statistiquement significatif d’élèves de la planète toute entière de passer la même évaluation et de le faire à des intervalles réguliers. L’objectif est de donner un aperçu des stratégies éducatives les plus efficaces et cela quelque soit le pays, ainsi que de permettre aux différentes nations de mesurer leurs progrès sur le chemin de l’excellence éducative au fil des années.

Qui répond à cette enquête et que contient-elle?

En 2015, plus d’un demi-million d’élèves âgés de 15 ans et provenant de 72 pays ont participé à cette évaluation triennale de deux heures en vue de tester leurs connaissances et surtout leurs compétences dans les domaines suivants: sciences, mathématiques, lecture, résolution collaborative de problèmes et notions financières. NB. l’OCDE va inclure les aptitudes interculturelles dans sa prochaine édition en 2018. Pour avoir une idée du test, vous pouvez essayer de répondre à l’item suivant, tiré de la partie “sciences”. Cliquez ici pour accéder à plus de questions empruntées des annales officielles de cet examen respecté.

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Qu’est-ce que PISA vise à mesurer?

La réponse courte: la pensée critique, en toute probabilité la capacité cognitive la plus souvent citée par les éducateurs à travers le monde comme étant la pièce angulaire de l’apprentissage tout au long de la vie. Comme l’a écrit Amanda Ripley, journaliste d’investigation et auteur d’un ouvrage passionnant intitulé Les enfants les plus intelligents du monde et leur mode de vie, dans le New York Times mardi dernier, “contrairement aux autres examens, le PISA, comme on l’appelle, n’évalue pas ce que les adolescents ont mémorisé. En effet, il leur demande de résoudre des problèmes qu’ils n’ont pas rencontrés auparavant, d’identifier des motifs qui ne sont pas évidents, et de formuler des arguments convaincants. En d’autres termes, il permet de tester les compétences que les machines ne maîtrisent pas encore.” Selon Andreas Schleicher, PISA se concentre “sur les compétences des élèves – ce qu’ils peuvent faire avec ce qu’ils savent. Avec le cycle 2015, nous avons continué à progresser dans ce sens, demandant aux élèves de réfléchir comme des scientifiques, de raisonner comme des mathématiciens, et de faire la distinction entre une bonne et une mauvaise thèse dans un texte écrit.”

PISA atteint-il les objectifs qu’il se fixe?

Depuis sa création au début du XXIe siècle, PISA a donné lieu à de nombreux débats, le plus souvent autour de la taille de l’échantillon utilisé, de l’attention portée aux sciences et aux mathématiques par rapport à d’autres matières, de la subjectivité culturelle possible tant dans la forme que dans le fond du test, ou encore des effets que peut avoir la traduction au niveau de l’intelligibilité et la comparabilité des questions posées, pour ne citer que quelques unes des critiques que cette évaluation a dû rétorquer depuis une décennie et demie. Dans sa globalité, cependant, PISA a acquis une solide réputation à la fois pour son sérieux et son utilité. Pour Mattea Battaglia et Aurélie Collas, qui couvrent l’éducation pour Le Monde, “En réalité, peu de chercheurs mettent aujourd’hui en doute la robustesse de cette enquête et la fiabilité de ses résultats. On sait que les correcteurs de tous pays sont sélectionnés, formés, ils ont des consignes, des guides de correction… Un contrôle est effectué à l’issue de la passation des tests sur un échantillon de copies pour vérifier l’harmonisation des scores… S’agissant des questions elles-mêmes, reste le soupçon du « biais culturel » : le fait que certaines questions colleraient plus à un système scolaire qu’à un autre. PISA tente d’atténuer cet aspect en demandant à chaque pays de contribuer à l’élaboration du questionnaire.”

PISA est-il utile à l’échelle d’une école?

Oui. PISA est applaudi parce qu’il a su informer et influencer la façon dont des sociétés entières pensent et parlent de l’éducation, sans parler de la manière dont les gouvernements conçoivent et développent leurs politiques éducatives au fil du temps. Pour de nombreux pays, l’enquête a beaucoup aidé à la prise de conscience de réalités éducatives qui autrement n’auraient peut-être pas été aussi évidentes à voir et politiquement acceptables à soulever. Pourtant, PISA est également très riche pour les écoles, non pas que nos propres élèves passeront nécessairement ce test, mais parce qu’ils auront un jour besoin de s’épanouir dans un monde où les compétences évaluées par ce test doivent de toute manière être maîtrisées. En effet, l’enquête informe bien les objectifs que nous nous fixons lorsque nous travaillons sur le développement de nos programmes. PISA a été salutaire aussi en orientant les éducateurs vers des modèles éducatifs qui peuvent être des repères inspirants et efficaces pour l’enseignement et l’apprentissage à tous les niveaux. C’est grâce à ce test, par exemple, que les pratiques éducatives finlandaises ont retenu l’attention et encouragé l’émulation chez des établissements scolaires partout dans le monde et cela pour le plus grand bénéfice de leurs élèves.

Every three years since 2000, conversations about education have become abuzz with references to something called the Program for International Student Assessment, commonly known as PISA. Since the results of the 2015 study were released this past Tuesday, several parents have asked questions about these evaluations, including one particularly incisive and pithy query as to whether or not the “tower” of PISA might have begun “to lean.” The survey was a great idea at the time of its inception, but is it still pertinent today, came the inquiry? Please find below brief responses to five of the most frequently asked questions I have heard.

Who invented PISA and why?

PISA is the brpisaainchild of the Organization for Economic Cooperation and Development (OECD), a highly respected intergovernmental entity created after World War Two with the missionto promote policies that will improve the economic and social well-being of people around the world.” Given the vital importance of education to human development as a whole, the OECD created PISA 15 years ago to shed light on what participating countries are doing well in their educational systems and also what they can learn from others’ approaches. Accomplished educational experts from across the globe pool their competencies to co-design the evaluation in question, under the thoughtful leadership of a researcher at the OECD named Andreas Schleicher. By asking a statistically significant sample of students throughout the world to take the same test and to do so at a regular intervals, the goal is to yield insights into effective educational strategies wherever they might be located and to allow nations to gauge their progress towards the attainment of such educational excellence over time.

Who takes this survey and what is on it?

In 2015, more than half a million students, aged 15 and coming from 72 different countries, took this two-hour, triennial evaluation of knowledge and above all skills in the following main areas: science, mathematics, reading, collaborative problem-solving and financial literacy. NB. the OECD will be adding intercultural competency to the mix three years from now. To get a sense of the test, you might endeavor to answer the following question, taken from the field of science. Click here for more questions from the past tests.

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What precisely does PISA measure?

The short answer: critical thinking, which is probably the cognitive ability that is most often cited by educators as being the linchpin of lifelong learning. As Amanda Ripley, an investigative journalist and the author of a thought-provoking book entitled The Smartest Kids in the World and How They Got That Way, wrote in the New York Times last Tuesday, “unlike other exams, the PISA, as it is known, does not assess what teenagers have memorized. Instead, it asks them to solve problems they haven’t seen before, to identify patterns that are not obvious and to make compelling written arguments. It tests the skills, in other words, that machines have not yet mastered.” According to Andreas Schleicher, PISA focuses on student skills – what they can do with what they know. In the 2015 cycle we have built on this, asking whether students can think like a scientist, reason like a mathematician and distinguish between good and bad arguments in a written text.”

Does it do a good job of evaluating what it seeks to evaluate?

Since its creation at the turn of the 21st century, there has been debate about PISA, most often around such matters as the adequacy of its sample size, the attention it devotes to science and mathematics as compared to other domains, the possibility of cultural bias being built into its form and content, the effects which translation might have on student outcomes, to note just some of the criticism which this evaluation has needed to confront for the last decade and a half. On the whole, however, this evaluation has acquired an extraordinary reputation for both seriousness and usefulness. For Mattea Battaglia and Aurélie Collas, who cover education for Le Monde,En réalité, peu de chercheurs mettent aujourd’hui en doute la robustesse de cette enquête et la fiabilité de ses résultats. On sait que les correcteurs de tous pays sont sélectionnés, formés, ils ont des consignes, des guides de correction… Un contrôle est effectué à l’issue de la passation des tests sur un échantillon de copies pour vérifier l’harmonisation des scores… S’agissant des questions elles-mêmes, reste le soupçon du « biais culturel » : le fait que certaines questions colleraient plus à un système scolaire qu’à un autre. PISA tente d’atténuer cet aspect en demandant à chaque pays de contribuer à l’élaboration du questionnaire.”

Does PISA hold any relevance for individual schools?

Yes. PISA is renowned for its capacity to inform and influence the ways in which whole societies think and talk about education, not to mention the manner in which individual governments conceive of and develop their educational policies over time. For many countries, the survey has been a veritable wake-up call to educational realities which might not otherwise have been as readily apparent or even politically palatable to accept. Yet PISA is also remarkably helpful for schools, not because our students will necessarily take this test themselves, but because they will one day need to flourish in a world in which the skills PISA evaluates must be mastered. As such, the survey sheds light on the goals we should be adopting when developing our curricula. PISA has also been salutary in guiding educators towards models of education that are inspiring and effective benchmarks for teaching and learning on any scale. It is thanks to this test, for instance, that Finnish educational practices have garnered worldwide attention and emulation, leading to progress in elementary and secondary schools around the world.

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Sean Lynch

Proviseur / Head of School

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Holding both French and American nationalities, educated in France (Sciences Po Paris) and the United States (Yale), and as the proud husband of a French-American spouse and father of two French-American daughters, Sean Lynch has spent his entire professional and personal life at the junction between the languages, cultures and educational systems of France and the United States. He has been Head of School at the Lycée Français de New York since July 2011, after having spent 15 years at another French bilingual school outside of Paris: the Lycée International de St. Germain-en-Laye. In addition to being passionate about education, he loves everything related to the mountains, particularly the Parc National du Mercantour.

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