Real-World Learning

Mon travail en tant que chroniqueur de l’expérience éducative de nos élèves au Lycée Français de New York a été particulièrement compliqué et particulièrement simple cette semaine; compliqué, parce que la liste des moments extraordinaires dont j’aurais pu m’inspirer pour écrire ce blog hebdomadaire s’est avérée plus longue que d’habitude, mais simple parce qu’à partir de mercredi matin nos élèves n’ont véritablement discuté que d’un seul sujet: l’élection présidentielle américaine. Bien sûr, ils avaient suivi, étudié, et dans certains cas même participé au processus électoral depuis des mois, dans la mesure où nous avons saisi toutes les opportunités possibles pour ouvrir nos programmes sur l’actualité du monde qui nous entoure et pour leur part ils se sont souvent impliqués dans les nombreuses activités co-curriculaires du LFNY qui ont pour vocation de développer le sens du devoir civique, de la responsabilité sociale et de la solidarité mondiale qui est au cœur de notre mission.

imgresSans surprises, les questions que nos élèves se sont posées, et cela non seulement depuis le 8 novembre, ont témoigné d’un esprit critique pointu, mais également plein de compassion. Parmi celles que j’ai retenues, provenant des collégiens et de lycéens: pourquoi le collège électoral compte-t-il plus que le vote populaire? Pourquoi est-il important de savoir qui nomme les juges qui siègent à la Cour suprême? Qu’est ce qui a motivé les gens à voter comme ils l’ont fait? Comment les sondages ont-ils pu se tromper sur l’issu du scrutin? Est ce que cela sera plus difficile maintenant pour les étrangers de vivre et de travailler aux États-Unis? Qu’est-ce que le libre-échange et va-t-il être disparaître? Pourquoi y a -t-il eu si peu de discussions sur le changement climatique pendant la campagne électorale et l’Accord de Paris sera-t-il abandonné? Qu’est ce que la nouvelle présidence signifie pour les droits LGBT, l’égalité des sexes et la lutte contre le racisme, autant de sujets qui nous tiennent à coeur au Lycée Français de New York? Y aura-t-il des changements dans la politique étrangère des États-Unis? Motivés peut-être par la visite des très sympathiques élèves allemands que nous avons accueillis la semaine dernière dans le cadre d’un échange culturel: quand est-ce que Washington se joignera à Berlin pour résoudre la crise des réfugiés? Et, exprimé de multiples façons: le LFNY est un lieu tellement inclusif; que pouvons-nous faire pour avancer l’inclusion au-delà de notre propre communauté?

Ce sont des questions extrêmement pertinentes, et il est de notre devoir d’éducateurs d’aider nos élèves à y répondre, autant que faire se peut par eux-mêmes, en accord avec leur degré de maturité, et en privilégiant à chaque fois la recherche, la réflexion et l’argumentation indépendantes qui font partie intégrante de notre projet d’établissement. Cependant, nous croyons aussi au Lycée Français de New York à l’importance d’inscrire un certain nombre de valeurs fondamentales dans l’éducation que nous procurons à nos élèves et qui influent alors sur la façon dont nous abordons l’enseignement, le vivre ensemble, et l’interaction que nous avons avec le monde qui nous entoure. De quelles valeurs s’agit-il exactement? Pour nous, elles sont évidentes et sont ressorties clairement dans l’enquête que nous avons menée sur ce thème auprès de nos familles, de nos professeurs, de notre équipe administrative, et de nos élèves du secondaire au printemps dernier. Voici mot pour mot ce que le LFNY Mission Committee, chargé de renouveler notre mission statement pour janvier 2017, a placé en tête du rapport sur les valeurs qu’il a présenté aux 260 membres de notre personnel il y a une quinzaine de jours: l’ouverture, la tolérance, le respect et l’humanisme.

En quoi ces valeurs pourront-elles servir à nos élèves alors qu’ils essaient de donner un sens à notre époque, de regarder l’avenir avec optimisme, et de rendre le “monde [au moins] un peu meilleur, que ce soit grâce à/un enfant en bonne santé, un carré de jardin/ou une condition sociale améliorée”, comme l’a si bien écrit le poète américain du 19ème siècle, Ralph Waldo Emerson? Par égards pour votre temps, je ne prendrai qu’une des valeurs mentionnées ci-dessus et ne partagerai avec vous qu’une seule pensée la concernant, citant cette fois une écrivaine américaine du 21ème siècle, Sara Lawrence-Lightfoot. La valeur en question, qui est aussi le titre d’un de ses livres remarquables: le respect. Pour Lawrence-Lightfoot, la forme la plus élevée du respect ne s’apparente pas à “une sorte de dette que l’on pourrait avoir envers des personnes en raison de leur position acquise ou héritée, leur âge, leur sexe, leur classe, leur race, leur statut professionnel …” Au contraire, elle constitue un certain type de relation avec les autres, fondée sur “la symétrie, l’empathie et la connexion … entre égaux”.* C’est au travers du prisme du respect compris en ces termes que nous devrons évaluer tous les comportements, le nôtre ainsi que celui d’autrui, y compris les personnalités publiques. C’est par rapport à cette definition du respect que nous devrons être capable de rendre des comptes, à commencer par ceux qui cherchent à occuper ou qui occupent déjà des fonctions politiques touchant au bien commun. C’est ancré dans cette forme de respect que nous devrons toujours agir en tant que citoyens, défendant sans réserve ce que nous estimons être juste, comme nos élèves le feront dans l’édition spéciale de notre journal Le Lynx que vous pourrez bientôt lire.

* Respect (Cambridge, Massachusetts: Perseus Books, 2000), p. 9-10.

My job as a chronicler of the special life our students lead at the Lycée Français de New York has been both unusually complicated and unusually simple this week; complicated because the list of inspirational happenings from which I might draw for this weekly blog is longer than ever, but simple because so many of our students have been asking and talking about one subject only over the last few days: the US presidential election. Of course, they have been following, studying and in certain cases even participating in the electoral process for months, seizing every opportunity to bring our curriculum alive with reference to the world around us, and engaging too with the issues at hand through co-curricular activities that develop the sense of civic duty, social responsibility and global solidarity which lies at the heart of our mission.

imgresThe questions our students have been posing, and not just since Tuesday, have been characteristically incisive and compassionate. Among those I have heard, from a range of middle and high schoolers: why does the electoral college count more than the popular vote? Why does it matter who appoints justices to the Supreme Court? What motivated people to vote for the candidate they did? Why were the polls so wrong about the outcome? Will it now be harder for foreigners to live and work in the US than before? What is free trade and is it finished? Why was there so little discussion of climate change during the election and will the Paris Agreement be upheld? What will the new presidency mean for LGBT rights and gender equality and the battle against racism, all of which matter to us at the LFNY? Will there be changes in US foreign policy? Motivated perhaps by the wonderful German exchange students we hosted last week: when will the United States join Germany in resolving the refugee crisis? And, expressed in a multiplicity of ways: the LFNY is so inclusive; what can we do to advocate for inclusion beyond our own community?

These are essential questions and it is our vocation as educators to help our students to address them, to the extent possible on their own, in ways appropriate to their levels of maturity, and always supported by the skills of critical inquiry, thinking and argumentation that are integral elements of our educational program. At the same time, we also believe at the LFNY in the importance of values and furthermore in the translation of those values into a framework through which we can approach learning, interaction with one another, and participation in society at large. What values in particular? For us, these values are clear, as was evident in the survey of values we conducted with our families, faculty, staff and secondary-school students last spring. Verbatim, here is what the members of the Lycée Français de New York Mission Committee, tasked with renewing our Mission Statement for January 2017, placed at the top of their report on values at a meeting of our 260-strong personnel a fortnight ago: openness, tolerance, respect and humanism.

Of what use might such values be to our students as they endeavor to understand our times, to embrace the future with optimism, and to make the “the world [at least] a bit better, whether by/a healthy child, a garden patch/or a redeemed social condition,” as the 19th Century American poet Ralph Waldo Emerson once exhorted? Out of deference for your time, please let me take just one of the aforementioned values and share with you just one thought, quoting this time from a 21st Century American writer, Sara Lawrence-Lightfoot. The value in question, which is also the title of an extraordinary book she has published: respect. For Lawrence-Lightfoot, respect in its highest form does not refer to “some sort of debt due people because of their attained or inherited position, their age, gender, class, race, professional status…” Rather, it is a certain kind of relationship we have with others, one that is based on “symmetry, empathy and connection…among equals.”* It is through the lens of respect understood in these terms that we should be assessing all behavior, our own as well as that of others, public figures included. It is in relation to this definition of respect that we should be holding ourselves and each other accountable, beginning with people aspiring to or assuming positions of political leadership which have an impact on the common good. It is anchored in this form of respect that we should always be acting as citizens, standing up for what we believe to be right, as you will soon see our students doing in a special post-electoral edition of the LFNY newspaper, Le Lynx.

*Respect (Cambridge, Massachusetts: Perseus Books, 2000), pp. 9-10.

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Sean Lynch

Proviseur / Head of School

seanlynch
Holding both French and American nationalities, educated in France (Sciences Po Paris) and the United States (Yale), and as the proud husband of a French-American spouse and father of two French-American daughters, Sean Lynch has spent his entire professional and personal life at the junction between the languages, cultures and educational systems of France and the United States. He has been Head of School at the Lycée Français de New York since July 2011, after having spent 15 years at another French bilingual school outside of Paris: the Lycée International de St. Germain-en-Laye. In addition to being passionate about education, he loves everything related to the mountains, particularly the Parc National du Mercantour.

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