La place du numérique dans l’école primaire

Cet article est paru dans l’édition 2014 du LFNY Magazine.

 

Chaque année à l’automne, les élèves de CP et CE1 apprennent les activités du cirque dans le cadre du programme d’EPS. «C’est un atelier que j’apprécie particulièrement car il associe une activité physique avec des éléments artistiques et un jeu d’acteur», explique Annabelle Altefrohne, qui a mis en place le programme suite à son arrivée au Lycée en 2012. Nommée ambassadrice technologique pendant l’année scolaire 2014-2015, l’enseignante a aussitôt pensé à un moyen d’améliorer ses cours grâce aux nouvelles technologies, en partant d’un problème qu’elle a pu observer.

Pendant deux mois, les enfants découvrent et apprennent onze activités de cirque, parmi lesquelles la grosse boule, les foulards, les plumes de paons, les bolas, le diabolo ou encore les échasses. Comme souvent en EPS, les enseignants s’appuient sur des fiches plastifiées contenant un descriptif et un dessin pour chaque exercice, «mais nous nous sommes rendus compte avec mes collègues que les élèves ne les regardaient pas», indique-t-elle. De plus, ces fiches ne sont pas très motivantes car les personnages sont statiques et l’enchaînement des séquences est parfois difficile à comprendre.

Face à ce constat, l’enseignante a réfléchi à l’idée de créer de courtes vidéos illustrant chaque exercice, grâce à l’iPad. «Nous avons quatre niveaux de difficulté pour chacun des onze ateliers, cela représentait 44 vidéos à produire !», indique l’enseignante, un défi qu’elle était prête à relever, a fortiori lorsqu’elle a constaté la différence de motivation chez ses élèves. Ces derniers ont été immédiatement séduits par les vidéos, qu’ils pouvaient regarder autant qu’ils voulaient, de façon autonome. De plus, au lieu d’être les personnes filmées, les professeurs ont laissé place aux élèves : «ils adorent voir leurs camarades sur les vidéos, et cela les incite encore plus à se dépasser», explique Annabelle Altefrohne.


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L’enseignante travaille en collaboration avec les autres membres de l’équipe d’EPS en primaire à la création d’une application simple regroupant toutes les vidéos, accessibles d’une année sur l’autre et faciles à actualiser. «C’est un exemple d’une intégration réussie des nouvelles technologies en classe : partir d’abord et avant tout des besoins dans un cours donné», remarque Adena Dershowitz, la directrice des apprentissages numériques au Lycée Français de New York.

«Chuchotements»

L’iPad, qui a fait son entrée au LFNY à partir de 2012, s’est peu à peu imposé dans les classes du primaire. En 2014-2015, deux professeurs d’anglais se sont appuyé sur cet outil pour travailler sur la lecture à l’oral d’élèves de CE1 et la compréhension d’élèves de moyenne section. Lors de ce projet faisant se rencontrer deux niveaux, les élèves de CE1 ont eu à lire des livres en anglais. «Au début, les élèves dont l’anglais n’est pas la langue dominante chuchotaient lorsqu’ils s’enregistraient sur l’iPad», se souvient Abby Berkelhammer, enseignante d’anglais au niveau élémentaire jusqu’en 2015. L’enseignante a eu recours à l’application Puppet Pal, qui permet de raconter des histoires sous forme de dessins animés, offrant une «approche ludique et moins formelle de la lecture à l’oral», explique-t-elle, redonnant ainsi confiance aux élèves mal à l’aise en anglais ou à l’oral.

«La clef, c’est l’équilibre, c’est trouver quel outil est le mieux adapté pour un élève et pour une leçon donnée.» Adena Dershowitz, directrice des apprentissages numériques.

Enrichir les apprentissages à l’aide des technologies de l’information et de la communication fait partie des objectifs stratégiques que le Lycée s’est fixé pour les cinq prochaines années. «Le monde actuel est de plus en plus dépendant de ces technologies, et c’est notre rôle en tant qu’institution éducative de transmettre à nos élèves les compétences nécessaires pour s’en servir», indique Adena Dershowitz, la directrice des apprentissages numériques. «Nous ne pouvons pas rester dans une bulle, réfractaires au changement», ajoute la directrice de l’école primaire Vannina Boussouf, «nous nous devons d’accompagner les élèves – et les professeurs – dans ce nouveau monde où les technologies de l’information et de la communication sont omniprésentes.» Les nouvelles technologies (ordinateurs, iPads, Smartboards, Apple TV) ne sont toutefois pas la panacée. «La clef, c’est l’équilibre», ajoute Adena Dershowitz, «c’est trouver quel outil est le mieux adapté pour un élève et pour une leçon donnée.»

Un enseignement plus collaboratif

Autre atout avancé par les enseignants : l’aspect collaboratif. L’application Subtext (aujourd’hui AR360) permet ainsi aux élèves de travailler et d’interagir sur un même texte, seuls ou en groupe. Mylène Ardid apprécie de pouvoir laisser ses élèves apprendre des erreurs des autres et s’entraider en les faisant corriger les écrits de leurs camarades. «C’est un enseignement beaucoup moins frontal ou les élèves sont plus maîtres de leurs apprentissages», indique-t-elle, même si elle sait aussi prendre de la distance face à ces nouveaux outils. «Il faut toujours se demander si notre utilisation des nouvelles technologies est pertinente et choisir le meilleur outil pour sa leçon», tempère-t-elle, paraphrasant l’expert en la matière, Marc Prensky, venu faire une présentation au Lycée lors de la semaine de pré-rentrée en 2014.

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Mais là où les technologies de l’information et de la communication ont été une révélation, c’est pour les élèves en échec scolaire. «Il y a un aspect ludique dans l’utilisation de l’iPad sur lequel nous pouvons nous appuyer pour réconcilier les enfants avec l’école», selon Caroline Rys, l’une des deux enseignantes spécialisées (RASED) au primaire. Lors de ses cours, l’enseignante utilise régulièrement l’iPad avec ses élèves pour effectuer une recherche rapide d’image d’un mot inconnu (souvent plus parlant qu’une définition), ou pour utiliser la fonction de reconnaissance vocale (permettant aux plus jeunes d’entre eux de dicter un texte ou de faire des recherches sans avoir besoin de maitriser l’écrit) ou encore les applications éducatives. Ces dernières ont l’avantage de motiver les élèves et leur permettent d’accepter plus facilement leurs erreurs car «ce n’est pas l’enseignant ou le parent qui pointe la faute mais le jeu, et ce, par un système de récompenses, de vies supplémentaires ou de niveau suivant», souligne Caroline Rys.

IPads et estime de soi

L’enseignante, qui suit environ 25 élèves chaque année, a également trouvé chez l’iPad un outil aidant les enfants à regagner confiance, une confiance largement ébranlée par leurs difficultés en classe. Elle utilise les fonctions photo et vidéo pour documenter les progrès de ses élèves. «Je les fais verbaliser les méthodes qui les ont amenés à réussir tel ou tel exercice afin de leur faire prendre conscience de leur démarche qu’ils pourront ensuite utiliser en dehors de mon cours», explique-t-elle. Ces vidéos servent aussi de support pour expliquer aux partenaires éducatifs ce que fait l’élève : «bien souvent les enfants sont demandeurs de pouvoir partager leurs progrès avec leurs parents ou leur enseignant, car ils sont fiers de leurs résultats.» Retrouver leur estime de soi permet en effet aux élèves de renouer avec l’école, l’un des aspects, et non des moindres, du travail des éducateurs spécialisés.

La formation des enseignants, une étape cruciale

«Intégrer les nouvelles technologies dans sa classe demande de repenser son enseignement, cela peut-être a priori incroyablement intimidant», indique le professeur en grande section, Alexandre Sivéra. «C’est comme un couteau suisse hyper perfectionné dont il faut apprendre à se servir», ajoute son collègue de CE2, Pierre Guillemard. Les deux professeurs ont été nommés «ambassadeurs technologiques» pendant l’année 2014-2015. Ce programme, qui concerne un professeur par niveau et par département, encourage les enseignants à explorer les possibilités offertes par les technologies de l’information et de la communication en matière d’éducation. Ils assistent à des conférences sur le sujet, échangent leurs idées avec d’autres ambassadeurs en primaire et présentent leur recherche à leurs collègues. Les discussions portent à titre d’exemple sur les applications éducatives sur iPad, l’organisation d’une classe pendant une session “1-to-1” (un iPad par élève), ou encore l’utilisation de Google Drive, plateforme de gestion des travaux des élèves.

«Les nouvelles technologies confèrent aux élèves des opportunités pour apprendre, travailler ensemble et créer que les générations avant eux n’ont jamais eu.» Sean Lynch, proviseur.

La formation des enseignants aux technologies de l’information et de la communication est cruciale pour une intégration réussie en classe. Et cela va au-delà de savoir comment se servir d’un ordinateur : «repenser ses méthodes d’enseignement, réfléchir au meilleur outil pour atteindre un apprentissage donné, cela demande du temps», souligne Adena Dershowitz. C’est pourquoi son département, composé de quatre personnes, a mis en place une série d’ateliers, de réunions, de tutoriels en ligne ou de conférences auxquels les enseignants sont invités à participer.

Le temps qu’il a eu pour expérimenter et réfléchir a été une véritable aubaine, avoue Alexandre Sivéra, enseignant en grande section et intéressé depuis toujours par les nouvelles technologies. Il a partagé avec ses collègues son utilisation d’une application iPad appelée Aurasma (rendez-vous p. 44 pour voir un exemple de projet avec cette application), qui s’appuie sur la réalité augmentée. Mais avec ses élèves de maternelle, le jeune enseignant reconnaît que les nouvelles technologies n’ont pas vocation à prendre le dessus : «À cet âge, ce qui compte, c’est la socialisation, le langage, le développement des capacités motrices et motrices fines.»

Visite virtuelle du Château de Versailles

La question d’un temps d’utilisation maximum des iPads en classe a fait l’objet de conversations au sein du corps enseignant au Lycée. Pour Mylène Ardid, en CM1, une heure par jour est amplement suffisante : «J’ai une utilisation plus restreinte et plus ciblée que ce que je pensais», explique-t-elle, indiquant qu’elle se limite à une palette de quatre ou cinq outils qui «ouvrent un champ nouveau dans son enseignement.»

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Elle a ainsi imaginé comment rendre plus réelle l’étude par ses élèves de CM1 du règne de Louis XIV. S’il n’était pas envisageable de se rendre au château de Versailles, il était toutefois possible de faire une visite virtuelle par le biais de Google Art Project qui offre une expérience immersive du célèbre endroit. «Les élèves avaient pour consigne de se rendre dans le Palais des Glaces et dans les jardins Le Nôtre et de décrire ce qu’ils y voyaient, y compris les œuvres affichées au mur», explique Mylène Ardid avec enthousiasme, «Aucun polycopié ni vidéo n’aurait pu être aussi concluant pour illustrer mon cours !».

Du CE2 à la 6ème : un iPad par élève

«Les premiers SmartBoard ont fait leur apparition au Lycée dans les années 2000», rappelle Adena Dershowitz, «puis en 2008, les enseignants du second degré ont commencé à recevoir des ordinateurs portables individuels (ndlr : les enseignants du primaire disposaient d’un ordinateur de bureau dans leur salle de classe)». Dans la foulée, les ordinateurs portables pour les élèves ont fait leur apparition dans les labos informatiques et de façon itinérante dans les «laptop carts». À partir de 2012, le programme 1-to-1 (prononcer «one-to-one» – un outil informatique pour chaque élève) commence à faire parler de lui, et le choix de l’iPad pour ce programme devient définitif : «un outil plus discret, moins intrusif qu’un ordinateur portable, plus adapté pour se concentrer sur une tâche à la fois et plus facile à mettre en marche», indique la directrice des apprentissages numériques au Lycée.

En janvier 2013, le programme 1-to-1 est introduit à titre expérimental dans une classe d’italien de 6e (voir article sur l’enseignement des langues vivantes, p. 30. Dans ce cadre, les élèves ont leur propre iPad pendant la classe et peuvent le ramener chez eux pour faire leurs devoirs. À la fin de l’année, les résultats obtenus aussi bien dans les domaines de la compréhension et de l’expression orale, et de lecture sont sans appel : dans tous ces domaines, les élèves de 6e du programme 1-to-1 surpassent ceux de l’année précédente à la même période. «Ces résultats nous ont conforté dans notre choix de développer ce programme au Lycée», explique Adena Dershowitz.

Citoyenneté numérique

À la rentrée 2014, le 1-to-1 est mis en place en CM2, suite à une formation des enseignants étalée sur toute l’année antérieure. À la rentrée 2015, ce sont les classes de CE2, CM1 et 6ème qui adoptent le programme, avec, également, une formation de ces enseignants pendant l’année 2014-2015. À partir de la rentrée 2016, le 1-to-1 sera généralisé du CE2 à la 5ème, avec cependant une différence notoire : seuls les élèves du secondaire seront autorisés à ramener les iPads chez eux, les autres devant les laisser dans des boitiers sécurisés situés dans les salles de classe.

«Nous souhaitons apprendre aux élèves à envisager les iPads comme des supports d’apprentissages, pas uniquement comme des consoles de jeux vidéos», souligne Adena Dershowitz. La directrice de l’école primaire ajoute qu’à l’heure des «selfies» et de ce qu’elle décrit comme une «consommation parfois stérile» des nouvelles technologies, l’école a un rôle à jouer en matière d’éducation à la citoyenneté numérique.

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Reste que les professeurs interviewés pour cet article sont tout à fait conscients des limites de l’utilisation des nouvelles technologies en classe, comme par exemple l’impact sur le sommeil, la fatigue visuelle, les risques de tomber sur des contenus inappropriés sur le web.

L’école a répondu de multiples façons à ces problématiques, en instaurant une charte d’une utilisation appropriée de l’iPad, affichée dans les classes, mais aussi en impliquant les parents dans la discussion. Ainsi, l’organisation des parents d’élèves (APL) vient de créer le poste de vice-président en charge des questions des nouvelles technologies, un relais entre l’école et les parents sur ce thème.

Le Lycée a également mis à disposition des parents dont les enfants ramènent l’iPad chez eux un «Family Device Agreement» servant de base de discussion quant à une utilisation appropriée de l’outil à la maison. Le défi du numérique à l’école est de taille, mais le jeu en vaut la chandelle, selon Sean Lynch : «Les nouvelles technologies confèrent aux élèves des opportunités pour apprendre, travailler ensemble et créer que les générations avant eux n’ont jamais eu.»

Cliquez ici pour lire l’article dans le LFNY Magazine.

This article is from the 2015 issue of the LFNY Magazine.

 

Every year in the fall, first and second graders learn how to perform circus-themed activities in the school’s phys-ed (PE) program. “It’s a workshop I especially like because it combines physical exercise with artistic elements and play acting,” says Annabelle Altefrohne, a primary PE teacher, who started the activity shortly after her arrival at the Lycée Français in 2012. Mrs. Altefrohne, one of the school’s 15 technology ambassadors, has found a way to use technology to improve even the PE program, and it all started with a problem she observed.

For two months, the children learn eleven “circus” exercises, including work with an exercise ball, ribbon dance, and tall stilts. PE teachers were using flash cards with illustrations of each exercise as a learning tool. “The children were not looking at them,” she explains. “The cards were not very motivating, because the characters were static and the sequencing of the movements was sometimes difficult to follow.”

Mrs. Altefrohne used the iPad to create short videos illustrating each exercise. The teachers filmed the students performing each activity, and the students were fascinated by the videos, which they could watch as often as they wanted on their own.


1_CoverPhoto “We have four levels of difficulty for each of the eleven workshops so this meant producing 44 videos!” she points out.  “Seeing their classmates in the videos encouraged them to try even harder,” she says.

Mrs. Altefrohne worked in collaboration with other members of the PE primary team to create a simple iPad app for all the videos that made them easy to update for use year after year. “This is an example of the successful use of technology in the classroom based, first and foremost, on the needs of a given course,” notes Adena Dershowitz, Director of Digital Learning at the Lycée, who is spearheading school-wide integration of technology into the classrooms.

“Whispering”

Since the iPad appeared at school in 2012, it has gradually taken a place in the primary classrooms. In 2014-2015, two English teachers used the tool in a joint project that brought together students in pre-K and in the second-grade English-language learning program for students new to the U. S. The second graders were tasked with recording their voices reading books aloud to pre-kindergarteners.

“At first the second graders, who were learning English as a second language, whispered when they were recording on the iPad,” recalls Abby Berkelhammer, who taught elementary English. She used the Puppet Pal app, which allows stories to be told in the form of playful cartoons. “The cartoons were more playful, and this gave more confidence to students, who were, at first, self-conscious when speaking English.”

“The key is balance, finding what tool is best suited for a student and a specific lesson,” Adena Dershowitz, Director of Digital Learning.

One of the Lycée’s strategic objectives for the next five years is to enrich learning with the help of information technology. “The world is increasingly dependent on technology, and it is our role as an educational institution to give our students the skills they need to thrive in it,” says Mrs. Dershowitz.

“We cannot stay in a bubble, resisting change,” adds Vannina Boussouf, who directs the Primary School. “We must accompany students – and teachers – into this new world where technology is everywhere.” New technological tools (computers, iPads, Smartboards, Apple TV) however, are not a panacea. “The key is balance,” adds Mrs. Dershowitz, “and that means finding which tool is best suited for a student and a specific lesson.”

Collaborative learning and self-esteem

One of the key benefits of technology in the classroom is fostering collaboration among students.  Teacher Mylène Ardid used the iPad Subtext app (now known as AR360) in her fifth-grade  class, because it allows students to work independently or in groups on the same text.  She likes being able to let her students learn from their mistakes and to help each other by correcting their classmates’ written work.

“It’s much less teacher-centered, and our students are more in charge of their own learning,” she says.  However, she is also careful to step back from these new tools, when they aren’t needed. “We have to always question if our use of technology makes sense for a particular lesson and choose the best tool,” she says, paraphrasing the technology education expert, Marc Prensky, who presented to faculty and staff during their August orientation in 2014.

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Technology has proven to be a veritable revelation for students with learning challenges. “The iPad is playful, and we can tap that to engage students more fully with their school work,”says Caroline Rys, one of two Primary teachers for students with learning challenges (RASED). In her class, she uses the iPad regularly with her students to search for word definitions with images (often more beneficial), or to dictate words for voice recognition in search (to help youngest students to find a text they are looking for without mastering writing), as well as for its education apps. She says that game-based apps have the advantage of motivating students and helping them to accept their mistakes more easily. “Because it’s not the teacher or the parent who points them out, but rather the app,” she adds.

Ms. Rys, who works with some 25 students each year, finds that the working on the iPad can help children regain confidence that might have been shaken by their difficulties in the classroom. She records and photographs the children to document their progress. “I have them verbalize the methods they used to be successful at a given exercise so they can observe their own progress and use similar strategies outside of my classroom,” she explained.

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The videos also serve as a support aid for parents and other teachers by illustrating what each student is doing. “The children are often the ones who want to share their progress with their parents and teachers, because they are proud of their results.” Nurturing self-esteem makes it possible for students to reconnect with the school, a very important aspect of an educator’s work.

Teacher training, a crucial step

“Integrating technology into the classroom requires rethinking teaching methods, and this can be incredibly intimidating a priori,” says kindergarten teacher Alexandre Sivéra. “It’s like a really sophisticated Swiss Army knife that you have to learn to use,” adds Pierre Guillemard, his counterpart in third grade. Both teachers are technology ambassadors, a teacher-to-teacher training program introduced in 2014, that engages one teacher per grade and department to explore the possibilities offered by technology.  The Lycée’s tech ambassadors attend conferences, exchange ideas with each other, and share research and tools with their colleagues. Recent areas of discussion have focused on iPad educational apps, organizing the classroom during a 1:1 session (one iPad per student), or using Google Drive, a student work management platform.

“Technology provides our students the opportunity to learn, collaborate and create in ways unimaginable to previous generations.” Sean Lynch, Head of School.

Teacher training is essential. Technology in education goes well beyond how to use a computer to a complete “rethinking of teaching methods, considering the best tool for successful learning of the lesson at hand, and it takes time,” emphasizes Mrs. Dershowitz. The Lycée’s digital learning department is now a four-person team, including Mrs. Dershowitz, a technology integrator for primary and for secondary, and a media integrator. They work hand-in-hand with teachers both in the classroom and also through a series of workshops, meetings, online tutorials and regular lectures.

“The time given to think and test out new approaches is so important,” says Mr. Sivera, who has a longstanding interest in new technology. He used the iPad augmented-reality app Aurasma in class and shared how he used it with his colleagues (see p.44 for an example of Aurasma at work). He is careful to emphasize that new technology does not play a dominant role in pre-school classrooms. “At this age, what matters is socialization, language, the development of motor and fine motor skills,” he says.

A virtual visit to Versailles

Indeed. Much discussion among faculty centers on balance and just how much time iPads should be used in the classrooms. For Mylène Ardid, an hour a day strikes the right balance. “I have a smaller and more targeted use of technology than I thought I would at first,” she says.

She discovered a way to make studying the reign of Louis XIV more real for fourth graders. Though her class could not visit the palace of Versailles, it was possible to take a virtual tour through Google Art Project, which provides an immersive experience for this world-renowned historic site.

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“The students were instructed to visit and describe what they saw in the Hall of Mirrors, including the works of art hanging on the walls, and in the Le Nôtre gardens,” explained Mylène Ardid enthusiastically. “No handouts or video could have been as effective as this was in making the subject come alive!”

From third to sixth grades: one iPad per student

The implementation of technology at the school has been gradual. SmartBoards began replacing black boards in some classrooms in the early 2000s, and by 2008, secondary teachers were given laptops and all primary teachers had desktop computers in the classrooms. Laptops were made available to students as needed, through circulating laptop carts that teachers could use when lessons required them.

Beginning in 2012, the school began exploring the possibility of implementing a true 1-to-1 program, in which each student has his or her own device. “The iPad was chosen for this program, because it is a more discreet tool, less intrusive than a laptop, easier to start up, and more suitable for focusing on one task at a time,” says Mrs. Dershowitz.

In January 2013, a 1-to-1 program was introduced in Sonia Rocca’s sixth-grade Italian class (see World Languages story on p. 30). Students were given their own iPads for class and were able to bring them home to do homework. At the end of the year, the results of program were clear. In understanding, speaking and reading in Italian, the sixth graders in the 1-to-1 program surpassed the previous year for the same period. “Sonia’s success reinforced our decision to develop a 1-to-1 program across the school,” says Mrs. Dershowitz.

After a year of training, in fall 2014, a 1-to-1 program was implemented in fifth grade, and at the start of 2015, all fourth, fifth and sixth grades adopted the program, with only sixth graders being allowed to bring their iPads home in the evening. In September 2016, the 1-to-1 will be extended from third to seventh grades. Once again, only Secondary school students will be allowed to bring their iPads home. Primary students will leave them locked in cabinets in the classrooms.

“We want to teach students to think of the iPad as a learning tool, and not just a game console,” Mrs. Dershowitz stressed.

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Cecile Gregoriades

Cecile Gregoriades
Former journalist, Cecile is passionate about multimedia storytelling. With her camera, notepad and microphone, she enjoys telling the great stories that are happening at the Lycée. Cecile was formerly senior communications manager at the school.

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