Teaching the Pleasure of Communicating

Pour beaucoup d’élèves et  leur parents du Lycée, 2015-2016 est leur première expérience scolaire dans une école bilingue. Ce choix d’école est une opportunité formidable pour les enfants issus de familles monolingues, cependant pour beaucoup de parents, il pose également de nombreuses interrogations sur le développement langagier de leur enfant.

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L’élément le plus important dans le développement langagier d’un enfant bilingue est de lui faire apprécier l’expérience de la communication.

“Est-ce que mon enfant a des facilités pour apprendre deux langues, est-ce qu’il les maîtrisera toutes les deux avec la même aisance et de manière équilibrée, comment soutenir cet apprentissage et le faciliter?”

Pour répondre à ce type de questions il faut d’abord comprendre les facteurs en jeu dans le bilinguisme.

Communiquer, une expérience joyeuse

Tous les enfants sont nés pour parler plusieurs langues. De nombreux enfants ne sont malheureusement pas exposés à cette formidable opportunité. L’élément le plus important dans le développement langagier d’un enfant bilingue n’a rien à voir avec la langue elle-même ou dans ce cas les langues parlées. Il s’agit d’abord de faire apprécier à l’enfant l’expérience de la communication : parler, s’exprimer doit être vécu comme une activité attrayante, joyeuse et sereine.

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Une langue sert d’abord à transmettre des informations, établir des relations avec les autres, à jouer, à raconter des histoires, à se faire des amis ou à travailler en groupe.

Les parents (et même des enseignants) d’enfants bilingues sont parfois trop “anxieux” au sujet de la pureté de la langue employée par l’enfant, de sa capacité à séparer les deux langues, ou encore de savoir si et comment ses capacités intellectuelles (réflexion, mémorisation, analyse, etc…) sont affectées par le bilinguisme.

Une langue sert d’abord à communiquer. Elle sert avant tout à transmettre des informations, établir des relations avec les autres, à jouer, à raconter des histoires, à se faire des amis ou à travailler en groupe.

Pureté de la langue

Les adultes trop pointilleux qui réagissent à la moindre erreur de grammaire, de vocabulaire ou de syntaxe et qui s’indignent ou s’inquiètent lorsque leurs enfants passent d’une langue à l’autre dans une même phrase transforment l’expérience de la communication en une source d’anxiété et de réactions négatives.

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Sans s’en rendre compte ces adultes transmettent à l’enfant l’idée qu’être bilingue est une expérience pénible, source de remontrances et de corrections. L’expérience de la communication doit donc rester agréable et source de plaisir pour le jeune enfant.

L’attitude de l’enfant vis-à-vis de ses compétences langagières est déterminant pour développer son bilinguisme. 

Les enfants bilingues qui sentent que leur capacité à s’exprimer dans leurs deux langues est valorisée, qu’ils ont le droit de se tromper et d’expérimenter seront eux très vite convaincus des bénéfices du bilinguisme et développeront naturellement de solides compétences langagières.

“L’égo langagier”

On comprend vite pourquoi le langage qui entoure le langage est important dans ce processus d’apprentissage. L’attitude de l’enfant vis-à-vis de ses compétences langagières en dépend : manifester de l’émerveillement à chacun de ses petits progrès, de la fierté à sa capacité à parler deux langues, de l’enthousiasme lors de ses tentatives de communication dans l’une ou l’autre langue, renforcera certainement “l’égo langagier” de l’enfant et sera déterminant pour mettre en place les conditions favorables au développement de son bilinguisme.

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Comme pour les enfants monolingues, il est extrêmenent rare qu’un enfant bilingue ne réussisse pas à développer au moins une langue forte. L’encouragement et la stimulation par les adultes auront toujours des effets positifs sur ce développement langagier.

Chaque enfant développe son langage à son rythme. 

Ceci dit, la rapidité et l’aisance avec laquelle l’enfant développera son/ses langage(s) varie sensiblement d’un enfant à l’autre. Certains enfants marchent très tôt, d’autres plus tard, il en va de même pour le langage et il existe de grandes variations entre les enfants. Ceci est encore plus vrai pour les enfants bilingues.

Aucune corrélation entre fluidité linguistique et succès scolaire

Certains parents d’enfants très jeunes et bilingues sont très inquiets lorsque le bilinguisme tarde à se mettre en place. En fait, la précocité avec laquelle l’enfant parlera ne dépend que très peu de ses capacités cognitives. Il arrive souvent que des enfants “premiers de la classe” aient parlé très tard. Il n’y a pas forcément de relation de cause à effet et la précocité de la capacité à s’exprimer avec une ou plusieurs langues ne suffit pas à prédire le succès scolaire.  

De plus, tous les enfants bilingues ne développent pas leur bilinguisme de la même façon : les facteurs familiaux bien sûr mais aussi l’environnement et les circonstances dans lesquelles ils reçoivent leur instruction sont déterminants.Très rares sont les bilingues qui peuvent mobiliser les mêmes compétences dans chacune des langues parlées.  

Le bilinguisme doit être considéré comme la langue des bilingues et non comme la juxtaposition de deux systèmes langagiers indépendants l’un de l’autre et qui n’intéragissent jamais l’un avec l’autre.

Le bilinguisme, la langue des bilingues

Pour cette raison comparer un enfant bilingue avec un enfant monolingue est très injuste : cela donnera presque toujours une idée déformée et négative de ses compétences en langage car la plupart des enfants bilingues développent les mêmes compétences langagières que les enfants monolingues dans au moins une de leurs deux langues.

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Les parents s’attendent à des compétences langagières comparables à celle d’un adulte alors que l’enfant en est encore au début de son apprentissage.

On le comprend vite, l’équation qui détermine la vitesse avec laquelle un enfant deviendra bilingue est très complexe : la personnalité de l’enfant, ses capacités individuelles et ses aptitudes pour apprendre à parler une langue, les conditions de son développement social, la qualité et la quantité des interactions langagières qui lui sont proposées, l’attitude et les attentes de son entourage familial ainsi que les conditions émotionnelles de son apprentissage des langues sont tous des facteurs qui jouent un rôle crucial et qui doivent être pris en compte.

Le développement langagier (monolingue ou bilingue) peut se comparer à une course d’endurance : certains enfants couvrent la distance très rapidement, d’autres mettent plus de temps mais parviennent également à franchir la ligne d’arrivée. Pour certains, la course est facile, pour d’autres, elle prend du temps, de la patience et des efforts. Les parents sont des spectateurs et ils deviennent parfois anxieux lorsque la course au bilinguisme se fait plus lente : ils s’attendent à des compétences langagières comparables à celle d’un adulte alors que l’enfant en est encore au début de son apprentissage, aux premiers kilomètres de la course.

Apprendre à parler deux langues est une expérience qui prend beaucoup plus de temps que d’apprendre à courir, ce marathon-là s’étend sur toute une vie…

For many Lycée students and parents, the 2015-2016 school year is their first experience in a bilingual school. Choosing a bilingual school is a tremendous opportunity for monolingual families, but it also raises questions about how being in a bilingual school impacts language development in children.

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The most important element in the ability of children to develop two languages is helping them appreciate the experience of communication.

Parents often ask, “Does my child have the ability to learn in two languages? Will she or he be able to master both languages equally? How do I support and make it easier for my child to develop both languages?”

To answer these questions, we have to start with the factors at play in bilingualism. All children are born with the ability to speak multiple languages, but not all children are exposed to that opportunity. Paradoxically, the most important element in the ability to develop two languages is not the language itself. Rather, it starts with helping children to appreciate the experience of communication – talking, expressing oneself, should be seen as a fun, joyful and also serene.

Teaching the pleasure of communicating

Parents (and even teachers) of bilingual children are sometimes too anxious about the purity of each language spoken by a bilingual child. They want to know about a child’s ability to separate the two, or how his or her intellectual capacity (reflection, analysis, memorization, etc.) is affected by bilingualism.

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Language serves first and foremost to share information, establish relationships with others, to play, to tell stories, to make friends, to work in groups.

Language serves first and foremost to help us communicate. We use language to share information, establish relationships with others, to play, to tell stories, to make friends, to work in groups. The experience of communicating should be a source of happiness and pleasure for a young children.

“Language ego”

Bilingual children who sense that their ability to express themselves in two languages is validated, and that it’s okay to make a mistake or to experiment will be better able to see bilingualism as a gift and will more naturally develop strong competencies in both languages. Parents who react to the slightest error in syntax, grammar or vocabulary, or who worry when children move from one language to another are unknowingly turning the experience from a source of experimentation and joy to one of anxiety.

Eveil_musical-15Children’s attitudes with regards to their language development depend on how we adults talk about language.

How we adults talk about language is important in the learning process. Children’s attitudes with regards to their language development depend on it. Children who marvel at their progress, no matter how small, who feel pride in their ability to speak two languages (or more!), and who are enthusiastic when they try to speak in one language or the other, will develop a strong “language ego”–essential to becoming bilingual..

At their own pace

As with monolingual children, it is rare that a bilingual child does not succeed in developing at least one strong language. Encouragement and engagement by adults will always have a positive effect.

That said, the speed and ease with which language is developed will depend from one child to another. Some children move quickly and early, others develop language later. It’s the same for bilingual children. Parents of very young children in bilingual households or schools worry when bilingualism is slow to take hold.

LeonTovarGallery-27Every child develops his language at his own pace.

The ease with which a child develops language has nothing to do with his or her cognitive ability. Sometimes the best children in the class develop language more slowly than their classmates. The relationship between children’s intelligence and their ability to express themselves is weak, and it is certainly not a predictor of academic success. In addition, bilingual children do not develop their bilingualism the same way – family circumstances, the environment around them, instruction are all determining factors.

Bilingualism a language in and of itself

Comparing a bilingual child to a monolingual one doesn’t make sense — comparisons can often lead to a misunderstanding of a child’s real language competency in either or both languages. Bilingualism should be considered as a type of language in and of itself, rather than the juxtaposition of two independent language systems that never intersect.

We also know that the formula for the speed at which a child develops both languages is complex: the child’s personality, aptitude for speaking, the quality and quantity of social interaction in the two languages, the attitude of the family, and social support and emotional life all play a part in language development.

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Parents can become anxious when bilingualism takes a long time to take hold, especially so in young children who are just the beginning of their learning.

Language development, whether monolingual or bilingual, can be understood as an endurance course: some children go great distances very quickly, while others take longer, and yet all cross the finish line. For some children it will be very easy, and for others it will require more patience and effort. Parents are spectators, and can become anxious when bilingualism takes a long time to take hold, especially so in young children who are just the beginning of their learning.

Learning to speak in two languages is an experience that takes time (and much more so than learning to run). This marathon is a lifelong one!

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Vannina Boussouf

Head of Primary School

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Head of the Primary School at the Lycée Francais de New York since 2007, Vannina Boussouf has taught at almost all levels of elementary school. She has also held different functions within many schools in France and taught French for one year at the International School of Louisiana.

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