Oh, the Places They’ll Go*

Au LFNY, nous faisons attention à ne pas laisser les appareils numériques perturber voire remplacer les rapports humains. Pourtant, l’accès à l’internet peut être aussi le point de depart d’une conversation fort intelligente, comme je l’ai expérimenté il y a quelques jours dans le hall de la 75ème rue. Mon objectif: demander à nos élèves s’ils avaient vu la récente vidéo de Mark Zuckerberg, fondateur et PDG de Facebook, s’adressant en chinois à des membres de la communauté de l’Université Tsinghua de Pékin sur le thème de la nécessité «d’avoir un sentiment de mission pour changer le monde.» Et s’ils ne l’avaient pas encore vu, pouvoir leur en montrer un extrait :

Qu’en pensez-vous, ai-je demandé? Les réactions furent extrêmement positives. Ma deuxième question était la suivante: pourquoi êtes-vous impressionnés? Parce que nous savons que l’apprentissage du mandarin demande beaucoup d’efforts ont-ils répondu en substance. D’après ce que j’en sais, cela fait cinq ans que Zuckerberg s’y consacre et ce discours n’est pas le premier qu’il ait ainsi donné en chinois. Un an plus tôt, il avait répondu à des questions en mandarin dans cette même université. Le plus frappant pour moi, ai-je continué, est le progrès qu’il parait avoir fait au cours des douze derniers mois, aussi bien d’un point de vue linguistique qu’en termes culturels. Il fait encore des erreurs, mais en prenant des risques, il semble avoir fait un véritable bond en avant, en intégrant par exemple des proverbes chinois dans ses propos, tel que «Si vous y travaillez assez durement, vous arriverez à transformer une barre de fer en une aiguille.»

300 élèves apprenant le mandarin au LFNY

Ce que je trouve intéressant, m’a expliqué une collégienne, qui elle-même étudie le mandarin au Lycée Français de New York depuis l’ecole primaire, quand commence notre programme de chinois, c’est comment Zuckerberg a réussi à nouer des liens avec son public qu’il n’aurait pas pu tisser s’il s’était exprimé en anglais, ce qui est un véritable avantage pour son entreprise, mais surtout pour sa propre éducation, a-t-elle ajouté. En étant suffisamment courageux pour faire ce discours, il pourra tellement mieux comprendre ce qui rend la Chine si fascinante. Comme vous dans votre classe de mandarin, l’ai-je interrogé. Oui, m’a-t-elle répondu, avec un très large sourire.

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Des élèves du secondaire apprennent le mandarin avec l’enseignante Susan Wei.

Le talentueux poète français d’origine chinoise, François Cheng, écrit avec une clairvoyance exceptionnelle sur cet enrichissement particulièrement précieux qui vient du bilinguisme dans une langue indo-européenne, dans son cas le français, qu’il a appris dans sa jeunesse, et le chinois, sa langue maternelle. Il illustre ainsi l’expérience des 300 élèves de mandarin que nous avons au LFNY, surtout lorsqu’ils continuent le chinois jusqu’à la terminale. Maîtriser la langue française a définitivement changé sa vie, lui permettant d’approfondir le développement de sa propre identité ainsi que sa compréhension de l’humanité toute entière. «Disons que si les idéogrammes chinois suggèrent les choses qu’ils désignent par leurs graphies,» écrit-il, «les mots français, phonétiques, suggèrent les choses désignées par leur son … Les deux cultures ont fini par opérer une métamorphose, et une symbiose.»** Puisse cette expansion du moi et de son horizon être vraie pour nos élèves aussi.

*Une variation sur le titre d’un classique pour enfants, le livre de Dr. Seuss Oh, the Places You’ll Go.
**Entretiens avec Francois Suri suivi de douze poèmes inédits (Albin Michel, 2015), pp. 30-31.

We are careful at the LFNY not to allow digital devices to displace, let alone replace human interaction. Yet access to the internet can be a great support for intelligent conversation, as I experienced laptop in hand a few mornings ago in our 75th Street Lobby. My purpose: to ask our students if they had seen the recent video of Mark Zuckerberg, founder and CEO of Facebook, addressing an audience at Beijing Tsinghua University in Chinese on the subject of “why you need a strong sense of mission to change the world.” And if they had not yet watched it, to show them a snippet myself:

What do you think, I inquired? Reactions were extremely laudatory, to say the least. Why are you impressed, came my second question. Because we know that learning Mandarin takes effort, was the gist of their answer. From what I have read, Zuckerberg has been at it for five years and this speech is not the first he has given in Mandarin, I added. A year earlier, he had answered questions in Chinese at the same university. Most striking for me, I went on, is the progress people say he has made over the past twelve months, linguistically, but culturally too. He still makes mistakes, but by taking risks, he seems to have made a leap forward, even integrating Chinese proverbs into his arguments, like “If you work at it hard enough, you can grind an iron bar into a needle.”

300 Students Learning Mandarin at the LFNY

What I find interesting, reported one of our middle schoolers, herself a student of Chinese at the Lycée Français de New York since primary school, when our Mandarin program begins, is how Zuckerberg has really connected with his audience, which he could not have done in English, which is important for his business, she noted, but above all for his own education. By being brave enough to make this speech, he will be able to discover so much more about what makes China fascinating. Like you in your Mandarin class, I queried. Yes, she answered, with a very big smile.

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Students learning Mandarin in the Secondary School with teacher Susan Wei.

The exquisite French poet of Chinese origins, Francois Cheng, writes with exceptional clarity about that particularly precious enrichment which results from becoming bilingual in an Indo-European language, in his case French, which he learned as a young man, and Chinese, his mother tongue. In so doing, he sheds light on the experience of the 300 young people studying Mandarin at the LFNY, especially when they continue learning Chinese through 12th Grade. Mastering the French language changed his life forever, enhancing his identity and deepening his sense of humanity. “If Chinese characters suggest things through their written shapes,” he writes, “French words, being phonetic, suggest things through their sounds…The two cultures end up fostering a metamorphosis and a symbiosis.”** May that expansion of self and horizon be true for our students too.  

*A variation on Oh, the Places You’ll Go, a classic children’s book by Dr. Seuss.
**Entretiens avec Francois Suri suivi de douze poèmes inédits (Albin Michel, 2015), pp. 30-31.

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Sean Lynch

Proviseur / Head of School

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Holding both French and American nationalities, educated in France (Sciences Po Paris) and the United States (Yale), and as the proud husband of a French-American spouse and father of two French-American daughters, Sean Lynch has spent his entire professional and personal life at the junction between the languages, cultures and educational systems of France and the United States. He has been Head of School at the Lycée Français de New York since July 2011, after having spent 15 years at another French bilingual school outside of Paris: the Lycée International de St. Germain-en-Laye. In addition to being passionate about education, he loves everything related to the mountains, particularly the Parc National du Mercantour.

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