College by Way of the Mountains

C’était un matin de bonne heure. Le ciel chargé de neige, comme de la laine serrée sur un métier à tisser, tombait bas dans un murmure. Et au fur à mesure que les gratte-ciel de Manhattan cédaient la place aux collines boisées des Catskills, les mots de la poétesse américaine Mary Oliver me revenaient à l’esprit: «La neige tombait,/ comme l’auraient fait des étoiles/ recouvrant les arbres sombres/et l’on pouvait facilement imaginer/ que sa seule raison d’être était/ la beauté.»

Notre directeur du Secondaire, Nicolas L’Hotellier, et moi-même roulions en direction de Claryville, où, pour la deuxième année consécutive, notre directrice du Département d’orientation, Christine Pluta, avait organisé une retraite tout à fait unique destinée à nos classes de Seconde. Située à environ trois heures de New York, Frost Valley était déjà connue de beaucoup de nos élèves car ils y avaient passé cinq jours lorsqu’ils étaient en CM2, dans le cadre de la semaine nature marquant la fin de l’école primaire.

Des pressions liées aux admissions universitaires

Bien sûr, nos élèves avaient changé depuis lors, tout comme une grande partie de leurs préoccupations. Au mois de janvier de leur mémorable année de CM2, ils étaient dans le moment présent, même si le collège allait démarrer six mois plus tard; au mois de février de leur année de Seconde en revanche, ils sont nombreux à penser à l’avenir, et pas nécessairement de leur propre chef, mais parce que le monde autour d’eux semble polarisé sur le Baccalauréat et au-delà sur la prochaine étape de leur existence: le départ du foyer familial et le début de l’université.

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Le groupe d’advisory de M. John Tasevoli à Frost Valley.

Certes, si nos élèves avaient lu le dossier spécial sur l’éducation publié par le New York Times quelques semaines plus tôt, ils seraient tombés sur un article de Laura Pappano intitulé «Votre enfant en CP est-il prêt pour les études supérieures?» Alors qu’une véritable frénésie de préparation aux admissions universitaires continue de saisir les États-Unis, l’un des innombrables programmes s’imposant dans ce domaine, comme nos élèves l’auraient découvert en parcourant ce texte, avait même organisé «en mai dernier une journée de visite à l’université locale pour 3000 élèves de CM1 pour qu’ils assistent à des séances d’information et à des mini-cours notamment en sociologie et en histoire du féminisme.» L’article regorge d’exemples de pressions de ce genre qui s’exercent sur des élèves de plus en plus jeunes.

La Seconde, un moment de réflexion et de travail en équipe

Au Lycée Français de New York, notre philosophie et notre pratique du conseil en orientation sont plus équilibrées. Dès les premières années de l’école, nos équipes éducatives et nos familles travaillent ensemble pour que nos élèves puissent comprendre et soient capables de cultiver leurs passions et qualités, mais nous soulignons aussi que la vraie valeur de cette compréhension-là et de cette cultivation-là est intrinsèque et pour la vie. D’après nous, le développement et l’épanouissement personnels de nos élèves sont à poursuivre avec le plus grand sérieux; nous croyons également que le moment le plus fructueux pour créer un lien formel entre ces objectifs et le processus d’admission universitaire arrive en Seconde.

Ce faire avec l’attention et le soin que seule une retraite en montagne ne peut procurer en dit long sur l’ambition et la pondération de notre approche. Notre profonde gratitude à Mme Pluta, ainsi qu’a notre département d’orientation et à nos professeurs référents de Seconde, pour leur présence et leur dévouement déterminants à Frost Valley. Comme l’un de nos élèves en Seconde a joliment décrit son expérience il y a dix jours, «laisser la ville derrière nous était top.» Puis je lui ai demandé: «qu’est-ce que tu as le plus aimé?». Le fait que tant d’«adultes» leur avaient consacré tellement de temps, et notre message, m’a-t-elle répondu. «Le voyage qui nous attend EST le nôtre.» Oui, je me suis dit, en me souvenant du merveilleux poète grec Pindare, dont les paroles, nous l’espérons, animent tout ce que nous entreprenons au LFNY: «puisses-tu devenir qui tu es, après avoir appris ce que cela veut dire.»

It was early morning. The sky billowed with snow, which fell like a whisper and packed itself like the wool of a loom being tightened. And as the sky scrapers of Manhattan gave way to the wooded hills of the Catskills, the words of American poet Mary Oliver came to mind: “Snow was falling,/so much like stars/ filling the dark trees/ that one could easily imagine/ its reason for being was nothing more/ than prettiness.”

Our Secondary school director, Nicolas L’Hotellier, and I were driving in the direction of Claryville, where for the second year in a row our College Counseling director, Christine Pluta, had organized a very special retreat for our tenth-grade class. Located about three hours from New York City, Frost Valley was already known to many of our tenth graders because they had spent a week there in fifth grade, as part of a nature stay marking the end of elementary school.

Pressures linked to college admissions preparation

Of course, our students had changed a lot over the intervening period and so too had a large number of their preoccupations. In January of fifth grade, they were still quite focused on the present, though middle school would begin just six months later; in February of Seconde, however, a lot of them would almost certainly be thinking of the future, not necessarily of their own volition, but because it seemed sometimes like the world around them was focused almost exclusively on the Baccalaureate years which were soon to commence and the next major phase in their lives: departure from home and matriculation at college.

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Mr. John Tasevoli’s 10th grade advisory group at Frost Valley.

Certainly, if our students had perused the special section on education which the New York Times had published a few weeks earlier, they would have come across an article by Laura Pappano entitled, “Is Your First Grader College-Ready?” Amid the frenzy of college admissions preparation taking place around the country, one program, our students would have read, took “3,000 fourth graders on a single day in May to a local campus for tours, information sessions and a sampling of classes, including sociology and women’s studies.” The article is overflowing with such examples of the college-related pressures exerting themselves on children at younger and younger ages.

In tenth grade, a moment of reflection and teamwork

At the Lycée Français de New York, our philosophy and practice of college counseling are more balanced. Educators and families work together to ensure that our students are able to understand and cultivate their passions and strengths from the earliest years onwards, but we also make it clear that the true value of this understanding and cultivation is above all intrinsic and lifelong. We insist that personal development and fulfilment be pursued with the utmost seriousness at our school; we believe too that the formal link between these goals and the college admissions process is most fruitful for our students when it is made in tenth grade.

That we do so with the attention and care which only a retreat in the mountains can provide speaks volumes about the ambition and thoughtfulness our approach. Our deepest gratitude to Ms. Pluta, as well as our college counseling and Seconde advisory teams, for their inspiring presence and dedication at Frost Valley. As one of our Seconde students beautifully described her experience a fortnight ago, “leaving behind the city was tops.” “What was it you liked most?” I asked. The fact that so many “adults” had taken the time to be with them, and the message, she answered. “The journey IS ours.” Yes, I said to myself, remembering the great Greek poet Pindar, whose words we hope resonate in all that we do at the LFNY: “become such as you are, having learned what that is.”

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Sean Lynch

Proviseur / Head of School

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Holding both French and American nationalities, educated in France (Sciences Po Paris) and the United States (Yale), and as the proud husband of a French-American spouse and father of two French-American daughters, Sean Lynch has spent his entire professional and personal life at the junction between the languages, cultures and educational systems of France and the United States. He has been Head of School at the Lycée Français de New York since July 2011, after having spent 15 years at another French bilingual school outside of Paris: the Lycée International de St. Germain-en-Laye. In addition to being passionate about education, he loves everything related to the mountains, particularly the Parc National du Mercantour.

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